En France, plus de 70 000 créateurs francophones publient du contenu sur des plateformes comme OnlyFans ou MYM. Des revenus qui, depuis la directive européenne DAC7, sont transmis automatiquement à l’administration fiscale avant même que le créateur n’ait rempli sa déclaration. Dans ce contexte, s’appuyer sur un expert-comptable onlyfans n’est plus un luxe réservé aux profils les plus suivis.
DAC7, article 170 du CGI : ce que la loi impose concrètement
Tous les revenus perçus via OnlyFans ou MYM sont imposables dès le premier euro, conformément à l’article 170 du Code général des impôts. Aucune exception pour les petits montants, aucune tolérance pour les débuts d’activité. Depuis le 1er janvier 2023, la directive DAC7 oblige les plateformes numériques à transmettre chaque année les revenus de leurs utilisateurs aux administrations fiscales européennes. Conséquence directe : la DGFiP connaît le chiffre d’affaires d’un créateur avant même qu’il le déclare. Tout écart déclenche automatiquement un signal. En cas de non-déclaration, les risques sont sérieux : redressement pouvant remonter à dix ans si l’activité n’a jamais été enregistrée, majorations allant de 40 % à 80 %, et absence totale de protection sociale.
La réforme visant à abaisser le seuil de franchise de TVA à 25 000 € a par ailleurs été suspendue pour 2026. Les créateurs restent donc sous le régime actuel, avec un seuil de 37 500 €. Mais cette instabilité réglementaire illustre bien pourquoi un suivi professionnel vaut mieux qu’une lecture ponctuelle des textes.
Micro-entreprise, SASU, BNC : des choix qui ne s’improvisent pas
Pour un créateur débutant, la micro-entreprise reste le point d’entrée naturel : immatriculation rapide, comptabilité simplifiée, cumul possible avec un emploi salarié. En régime BNC, l’abattement forfaitaire de 34 % s’applique sur le chiffre d’affaires déclaré, ce qui ramène 30 000 € de CA à 19 800 € de revenu imposable. Les cotisations sociales s’élèvent à 25,6 % du CA, avec une option de versement libératoire à 2,2 % sous conditions. Au-delà d’un certain niveau de revenus, la SASU offre plus de souplesse, notamment pour l’optimisation fiscale et la protection sociale.
La qualification BIC ou BNC dépend du type d’activité (collaborations commerciales directes d’un côté, abonnements et droits d’image de l’autre). Un cabinet généraliste a tendance à traiter ces dossiers comme des freelances classiques, ce qui entraîne des erreurs : mauvaise qualification des revenus, oubli de certaines recettes comme le gifting, incohérence entre la déclaration déposée et les données transmises par les plateformes. La règle TVA diffère aussi selon la plateforme : MYM, fondée à Lyon, est soumise au droit français, tandis qu’OnlyFans, basée au Royaume-Uni, obéit à un mécanisme différent. Ces nuances ne s’improvisent pas.
Ce qu’apporte réellement un accompagnement spécialisé
Un expert-comptable habitué à ce secteur maîtrise les spécificités qui échappent aux cabinets classiques : gestion des revenus en devises étrangères, récupération des retenues à la source américaines via le formulaire W-8BEN, articulation entre plusieurs sources de revenus (abonnements, tips, pay-per-view, collaborations), intégration avec les outils de paiement utilisés par les créateurs. La confidentialité compte aussi : beaucoup de créateurs travaillent sous pseudonyme et ont besoin d’un interlocuteur qui comprend et respecte cette contrainte.
L’économie des créateurs en France continue de structurer, avec MYM qui affichait 105 millions d’euros de revenus bruts en 2024 et plus de 400 000 créateurs sur sa plateforme. Pour ceux qui en font une activité sérieuse, un accompagnement comptable adapté n’est pas un coût superflu : c’est ce qui sécurise la durabilité de l’activité.
